Plan Local d’Urbanisme : adopté par la majorité municipale en dépit d’un avis sévère du commissaire enquêteur et d’un véritable « non-plan » pour la zone de la DGA.

Dans son rapport, le commissaire enquêteur a clairement pointé du doigt les faiblesses de deux projets phare de la commune : le projet d’EHPAD et le projet d’établissement pour handicapés. Si ces projets répondent à des vraies attentes sociétales, les emplacements envisagés ne conviennent pas : trop de nuisances : avions, ligne TGV, ligne haute-tension, voies de circulation fréquenté à proximité immédiate, la coupe est pleine.

Redéfinir ces projets en saisissant la possibilité du terrain de la DGA qui se libère n’est pas une option étudiée par la mairie.

Sur le projet de la DGA qui motivait la révision du PLU, le PLU reste particulièrement flou tout en laissant la possibilité à une urbanisation particulièrement dense.

 

Retrouvez ici le rapport du commissaire enquêteur.

L’EHPAD vu par le commissaire enquêteur :

Le commissaire enquêteur a rendu le 11 juin, son rapport sur le plan local d’urbanisme (PLU). Bien que ce point n’ait pas été l’objet de la révision du PLU, il a tenu à donner son point de vue sur l’EHPAD. Il écrit  « Il est étonnant que les services sociaux du département envisagent l’implantation d’un EHPAD sous le passage des avions à très basse altitude, à quelques centaines de mètres d’une autoroute et d’une ligne TGV, le long d’une route très fréquentée et pas très loin de lignes à haute tension conséquentes… Pas sûr qu’il fasse bon vieillir à cet endroit. » Son analyse rejoint la notre et celles de nombreux Villebonnais, opinion exprimée à différentes occasions y compris dans les réunions publiques. Dans sa réponse au commissaire enquêteur, la majorité a préféré se défausser : « Le projet de l’EHPAD est mené par un opérateur privé sur une parcelle privée. Dans la mesure où le terrain peut accueillir ce type d’établissement.. » Soyons clair : un terrain peut accueillir un établissement lorsque le règlement de zone correspondant défini dans le PLU le permet. Un seul terrain sur tout Villebon permet ce type d’établissement et c’est le PLU adopté par la majorité municipale en 2013 qui le définit.

L’OAP du Rocher : même analyse :

La révision du PLU propose un emplacement pour un établissement d’accueil pour personnes handicapées. L’emplacement est situé au bout de la rue Eugénie Cordeau, près de la résidence de la Pierre Longue. A ce sujet une recommandation est faite par le commissaire enquêteur: « Compte tenu de l’environnement sonore du secteur du Rocher (avions, route, autoroute, TGV), il ne semble pas raisonnable de laisser s’y implanter un établissement pour personnes handicapées ». La réponse de la majorité municipale est assez surprenante : « Pour rappel, il s’agit d’une opération privée réalisée sur un terrain privé. » Réponse surprenante car la mairie a clairement indiqué au long de l’année 2015, qu’elle apportait un soutien entier à ce projet. Réponse qui ne traite pas la recommandation faite sur le fond : le commissaire enquêteur dit bien que c’est à la mairie de ne pas laisser un tel projet se faire à cet endroit.

Pour la zone de la DGA, une révision du PLU pour rien :

Densité de construction : un dialogue de sourds :

Cette zone devait être un des points centraux de cette révision du PLU mais aucune véritable précision n’est apportée. A la question de la densité de construction prévue, le maire botte en touche disant que les architectes de la mairie ne comprennent pas nos objections. Elles sont pourtant assez simples. Le PLU parle de 700 logements environ, dont 270 logements étudiants sur 4 hectares (en incluant ici 1ha classé zone N). Cela fait donc 175 logements par hectare. Ce chiffre peut directement être comparé à la densité urbaine dans le quartier Camille Claudel de Palaiseau. Sur une superficie de 22 ha, ce quartier accueille 1700 logements dont 500 logements étudiants. Cela fait une densité de 77 logements par hectare dans un quartier qui est déjà considéré comme densément peuplé.

Adaptation des écoles :

Préparer l’accueil de 430 familles, c’est aussi préparer les écoles en conséquence. A nouveau, le projet semble bien flou: en réunion publique, il est annoncé que l’école Charles Perrault sera déménagée. Dans le PLU, il est annoncé qu’elle sera renforcée. En tout état de cause, prévoir une école avec sa cour de récréation dans un espace qui promet d’être densément construit semble bien difficile.

Circulation :

Préparer l’accueil d’un groupe massif de nouveaux habitants, c’est aussi anticiper un accroissement de la circulation. Sur ce point, les plans proposés par le projet mentionnent une refonte importante des axes de circulation de la ville avec la création d’une nouvelle rue entre le centre-ville et le pont de Fourcherolles. De manière assez surprenante, la description de l’opération est beaucoup plus floue en parlant d’un accès qui sera prévu à terme. Comment s’écoulera la circulation tant que cet accès ne sera pas mis en place ? Comment cet accès sera réalisé sachant que le seul tracé envisageable traverse plusieurs terrains déjà construits. Ces terrains n’ont fait l’objet d’aucun marquage dans le PLU comme la création d’un emplacement réservé, qui marquerait l’intérêt public pour ces terrains. Dans ces conditions, la réalisation de l’axe de circulation dépendra de la bonne volonté des propriétaires actuels à quitter les lieux en échange d’indemnisation qui devra être négociée. Ces mêmes propriétaires sont aujourd’hui plongés dans l’inconnu, ignorant encore à quelle pression ils vont être soumis lorsque le projet sur l’emplacement de la DGA va se concrétiser.

Zone de la DGA : l’étude secrète : le conseil municipal à l’exception du maire vote dans l’ignorance.

Pour préciser les projets d’aménagement sur cet espace, une étude a été réalisée sur un financement de la commune, 50 000€. Le document est en cours d’analyse au ministère des Finances et au ministère de la Défense. Ce document a pour objectif de définir le coût auquel le terrain sera cédé à un aménageur et pour cela fait une proposition d’aménagement en fonction de lignes directrices fournies par le maire. Le coût est ensuite défini en fonction des frais d’aménagement à prévoir (routes, réseaux, constructions, etc) et des retours sur investissement attendus par la vente des logements construits. Ce travail réalisé par des professionnels est un élément clé d’analyse pour la prise de décision et donc, de l’avis du maire ne peut être communiqué qu’aux personnes ayant à prendre les décisions afférentes aux projets. Bien que la révision du PLU soit directement motivée par ce projet, le document en question n’a pas été communiqué aux élus. Bien entendu, le maire a lu ce rapport qui lui a été directement remis. Dans ces conditions, comment les 28 autres conseillers municipaux peuvent-ils jouer le rôle pour lequel ils ont été élus, dans ce cas précis l’approbation de la révision du PLU ? Personnellement, nous avons tranché en votant contre un projet pour lequel nous avons estimé disposer uniquement d’informations insuffisantes ou contradictoires, contre un projet qui entérine une fois de plus la création d’un établissement social dans un lieu inadapté ?

Ne vous y trompez pas : nous ne sommes pas plus contre un établissement destiné aux handicapés que contre un EHPAD, nous pensons juste que ces équipements publics coûteux, construits pour le long terme méritent d’être construits dans un cadre adapté. Pourquoi ne pas prévoir d’utiliser l’emplacement de la DGA pour ces établissements ?

Circulations douces : le compte n’y est pas.

Le maire estime que la commune est bien dotée en circulations douces ajoutant allégrement la promenade de l’Yvette, le parcours sportif du bois des Gelles. Rappelons-le simplement : circulations douces cela veut d’abord dire circuler, autrement dit aller de chez soi jusqu’à un endroit précis : commerce, lieu de travail, gare de transport en commun. De ce point de vue là, Villebon est clairement sous-équipée. La simple tentative de rejoindre Villebon 2 à partir du bord de l’Yvette relève de l’escalade sportive.

Il va s’en dire que les chemins de promenade sont bien sûr importants et à cet égard, les habitants de Villiers se souviennent que le sentier des mares a été retiré du domaine public pour être vendu à la somme de 3€/m² à ses riverains. Un terrain est ainsi devenu aménageable et une maison est maintenant construite dessus. Difficile de s’y promener maintenant!

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