Conseil municipal du 18 Décembre 2014

Face à la dette

 

Comme chaque année, le conseil de décembre était axé sur le vote du budget principal de l’année suivante. C’est la traduction chiffrée du débat d’orientation budgétaire tenu en novembre. Pour notre commune très endettée, l’enjeu est de dégager assez d’argent pour rembourser capital et intérêts. Et pour cela maîtriser nos dépenses de fonctionnement, trois fois plus élevées par habitant que la moyenne nationale. Un vrai défi !

Ces dépenses subiront en 2015, comme les années précédentes, une augmentation mécanique des charges de personnel (+615 000 €, 4.3%).

Face à elles, les recettes de fonctionnement seront tirées à la baisse par la diminution de 20% de la dotation globale de fonctionnement allouée par l’Etat (784 000 €). Par ailleurs, la solidarité entre les communes d’Ile de France se traduira pour notre ville par un effort de 1, 336 millions, en hausse de 7 %.

Mais il y a plus grave à moyen terme : de l’aveu du maire, les capacités financières de la ville vont dépendre de la nouvelle structure intercommunale qui va se mettre en place à partir de 2016. Voilà qui tranche avec le discours habituel selon lequel les finances de la commune sont parfaitement sous contrôle… Sans vouloir être alarmistes, il est douteux que, dans ce nouveau cadre intercommunal, Villebon puisse tirer autant de ressources de sa « vache à lait » de Courtaboeuf !

Tous ces éléments étaient prévisibles et nous ne sommes pas les derniers à avoir tiré le signal d’alarme. Mais la majorité préfère traiter cette situation comme s’il s’agissait d’une « tuile » qui lui serait tombée dessus à l’improviste. Il est vrai que, pour la droite qui gère cette commune depuis plus de trente ans, c’est une véritable révolution qui se profile : elle va devoir apprendre à faire une gestion plus économe des deniers de la commune…

Un cycle d’endettement sur la pente raide

Pas facile donc de faire passer la pilule, même pour un brillant orateur comme notre maire !

En conseil municipal, celui-ci s’est montré moins sûr de lui qu’à l’accoutumée. Allant jusqu’à citer Jérôme Guedj, président (de gauche) du conseil général, envers qui il est habituellement si critique, pour affirmer que la capacité à rembourser la dette est plus importante que le stock de dettes lui-même.

Il y a quand même une différence de fond entre ces deux endettements : celui du département est dû à son « bouclier social » et non à des dépenses de prestige.

Si l’on avait été plus vigilant sur les dépenses, si, pour un même service rendu à la population, on avait payé nos équipements au juste prix, si l’on avait davantage joué les synergies entre communes voisines, le stock de dettes serait à coup sûr moins exorbitant. Il serait plus proche des 10 millions d’euros (moyenne nationale pour une ville équivalente) que de 29 millions de dette comme ici. Qui va payer la différence à votre avis ?

Selon sa façon technocratique de « noyer le poisson », le maire a mis en avant la théorie du cycle d’endettement. Mirifique argument  ! Il est vrai qu’un jeune ménage doit s’endetter pour acquérir un logement et qu’à l’âge mûr il met de l’argent de côté pour ses enfants. Mais une commune ? Quelle fatalité l’obligerait à exploser le niveau de sa dette pour un équipement payé beaucoup trop cher comme le troisième gymnase, se retrouvant ensuite à sec quand il s’agit de faire face au besoin urgent de refaire sa voirie et ses trottoirs ?

Dans son plaidoyer, le maire affirme qu’il compte laisser une ville désendettée à la fin de son mandat. Quel dommage qu’il n’ait pas appliqué cette belle maxime dès la mandature précédente !

Vous prendrez bien un nouvel emprunt pour la route ?

En attendant, le moins que l’on puisse écrire, c’est que le rythme du désendettement n’est pas fulgurant !

Pour commencer, l’année 2015 voit la conclusion d’un nouvel emprunt de 2 M €. Faites le calcul : avec 3,45 M € de remboursés et 2 M € d’empruntés, la dette ne diminue au final que de 1.45 M €, soit environ 5 % du total. A ce rythme, difficile de tenir la promesse de laisser les finances en bon état à la fin de la mandature !

Investissements : le temps des vaches maigres

Mais revenons à l’argument de la capacité de remboursement. Comme l’aurait dit Monsieur de la Palisse, celle-ci résulte de la différence entre les recettes et les dépenses. Ayant peu d’action sur les recettes, il devient donc nécessaire de limiter les dépenses. Voyons ce qu’il en est, côté investissements et côté fonctionnement.

D’abord, sans aller jusqu’à vendre les bijoux de famille, la municipalité a trouvé des recettes complémentaires en liquidant des équipements qui avaient perdu leur utilité comme le restaurant inter-entreprises (640 000 €) et l’ex-refuge animalier (292 000 €). C’est toujours ça de pris mais, à part le grand Dôme, il ne restera plus grand chose après cela à liquider…

A côté de cela, finis les investissements de prestige ! Finis aussi les investissements à caractère social comme l’EHPAD (plus de détails) ? Cette année, la ville se recentre sur des dépenses de voirie, indispensables et trop longtemps différées.

Bien sûr, ces travaux ne donneront pas lieu à de brillantes inaugurations en présence de l’ex-candidate UMP à la mairie de Paris. Mais cela fait des années, par exemple, que les riverains d’une portion de la rue des Casseaux se plaignent des vibrations causées par le trafic intense qu’ils subissent. Les 485 000 € que coûtera la réfection du « tapis de roulement » devant chez eux ne sont donc pas du luxe.

Il reste évidemment énormément à faire en matière de voirie. Malheureusement, les caisses sont vides…

Il reste aussi beaucoup à faire en matière de transition énergétique Il faudra se contenter cette année d’un bel effort sur l’éclairage public : quelque 483 000 € seront consacrés à un éclairage basse consommation (LED). Cet investissement devrait réduire la facture d’électricité de la commune, qui en a bien besoin.

Petites économies

L’éclairage fait partie de ces dépenses courantes, dites « de fonctionnement », sur lesquelles il va falloir jouer pour rembourser la dette. Ce n’est pas évident, car nombre de ces dépenses découlent de décisions passées. Sous peine de les voir se dégrader (comme on l’a vu récemment), il faut bien entretenir les nombreux bâtiments communaux. Quant à la dette, ses intérêts doivent être payés rubis sur l’ongle…

La marge de manœuvre est donc très mince. Si mince que les quelques mesures adoptées paraissent souvent plus symboliques qu’efficaces. C’est ainsi que Villebon, jadis si flamboyante, s’est retrouvée l’une des rares communes privées d’illuminations de Noël, ( 83 000 € d’économies) comme si la ville toute entière portait le deuil de sa prodigalité passée.

De même, la municipalité va-t-elle réduire la périodicité du Vivre à Villebon, qui reste pourtant le principal moyen d’information des Villebonnais sur leur cité. Dommage…

D’autres mesures moins voyantes mais peu sympathiques sont prises, comme une baisse de 25% des fournitures scolaires aux enfants.

Quant au P’tit bus, innovation phare de l’avant municipales de 2014, ses jours semblent comptés (plus de détails).

Et pour finir, comme en manière d’auto-flagellation, la majorité propose de de diminuer ses propres indemnités (plus de détails ) .

Bien sûr, pas question pour le maire d’avouer que l’on paie aujourd’hui les conséquences de la gestion trop laxiste du passé. Le bouc émissaire est tout trouvé : c’est le gouvernement !

Peu convaincus par ces arguments et ce projet, les élus d’Un Nouvel Elan pour Villebon ont voté contre…

Où est passé l’EHPAD ?

Annoncé avec tambour et trompettes lors des municipales, c’était une priorité de la majorité. L’EHPAD (Etablissement public d’hébergement des personnes âgées dépendantes) que l’on voulait construire sous les avions a mystérieusement disparu du budget de la commune. Pourtant, l’Essonne est particulièrement en pointe sur l’aide aux personnes âgées et l’on voit des EHPAD se créer un peu partout dans le département…

Questionné sur ce point, le maire indique qu’un emprunt additionnel serait mis en place si ce projet devait être concrétisé. Étonnante stratégie : l’inscription de ce projet au budget 2015 de la municipalité aurait clairement montré l’engagement de la commune sur ce projet. C’est très précisément ce signal qu’attend le conseil général pour concrétiser ce dossier. L’avenir de cet établissement reste donc bien hypothétique.

P’tit bus : terminus après l’élection ?

Créé (pure coïncidence…) juste avant les élections de 2014, le service du P’tit bus risque bien de ne pas passer l’année ! En commission municipale, l’adjoint au finances indique qu’il devrait être supprimé à partir de juin 2015… juste après les cantonales.

Pronostic confirmé par le budget, puisque les crédits annuels qui lui sont consacrés y ont été réduits d’environ 170 000 €.

En conseil municipal, le maire a tempéré cette affirmation de son adjoint : la décision serait encore à l’étude et le P’tit Bus pourrait être financé au seconde semestre par le biais du budget supplémentaire.

C’est vrai le P’tit bus a un coût non négligeable et ses utilisateurs sont encore trop peu nombreux. Le choix de l’électrique, alors qu’il existe des modes de propulsion écologiques plus adaptés à une ville en pente, n’était pas le plus judicieux, si ce n’est d’un point de vue d’affichage électoraliste. Mais s’il vient à disparaître, le P’tit bus sera avant tout la victime d’un mauvais choix d’intercommunalité.

En effet, la politique de transports collectifs est une compétence intercommunale. La communauté d’agglomération Europ’Essonne ne construit rien dans ce domaine qui concerne directement les Villebonnais, à l’exception de la navette gratuite qui circule uniquement le samedi.

L’absence de réflexion et de stratégie aura déjà coûté 320 000€ aux Villebonnais, mais aura permis d’afficher une action dans ce domaine en période électorale . N’est ce pas un peu léger quand on sait que 9 % des ménages Villebonnais n’ont pas de voiture, et que 49 % disposent d’une seule automobile pour le ménage ?

Indemnités : la démocratie a un prix

Gérer, en tant que maire, une commune comme Villebon est un métier. Hautement qualifié et à temps complet. Nous ne trouvons pas que le salaire de 2091 € (maximum légal) soit excessif ni même suffisant eu égard à la responsabilité de l’édile. Depuis trop longtemps, nos concitoyens préfèrent se voiler la face que d’aborder la question du statut de l’élu : salaires, possibilité de retrouver un travail après une défaite électorale… Espérons que la loi en préparation apportera enfin une vraie solution. Car en attendant, chacun se « débrouille ». On cumule les mandats, on développe de lucratifs syndicats intercommunaux, parfois même on triche. C’est l’image de la « classe politique » qui en pâtit. Si les élus d’opposition ne demandent aucune rémunération pour leur travail au service de leurs concitoyens, cela ne les empêche pas d’approuver les indemnités votées pour les principaux élus aux responsabilités. Baisser leurs indemnités part sans doute d’un bon sentiment mais cela ne résout pas le problème. Ce n’est pas avec ce genre de mesure symbolique, si sympathiques soient-elles, qu’on ramènera les dépenses de fonctionnement de la ville à un niveau raisonnable.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>